Le formateur : Pierre Ramaut

Amoureux de la marche et de la nature en général, j’ai décidé de réunir ces deux éléments et divers outils que j’utilise dans le cadre de ma profession ou qui m’ont aidé dans ma vie à dépasser certains obstacles pour former un concept de voyage intitulé "Marcher pour progresser". Durant celui-ci, le soir, autour du feu des bivouacs, j’invite les participants à découvrir, à partager et à enrichir cette synthèse de mon parcours.

La kinésithérapie et la physiologie de l’effort

J’ai obtenu mon diplôme de licencié en kinésithérapie en 1978 à l'Université Libre de Bruxelles. Ce qui m’intéressait à l’époque dans la kinésithérapie, était plus la physiologie de l’effort que la pathologie : je recherchais des moyens naturels et scientifiques d’améliorer la condition physique, déjà dans une optique de recherche d’harmonie et de bien vivre, plus que dans une optique de compétition et de performance. La suite logique de ces études a été l’ouverture de deux centres de mise en forme, respectueux au niveau de l’équipement de critères biomécaniques et au niveau des entrainements, des règles de la physiologie musculaire, articulaire et cardio-vasculaire.

La sophrologie

C'est en 1984 que j’ai découvert la sophrologie dans le cadre de ma préparation au rallye "Paris-Dakar", auquel j’ai participé à moto, en tant que "privé", plus en amoureux de l’Afrique et du désert qu’en véritable « pilote ». Comme à l'époque, je disposais de peu de moyens financiers pour prendre le départ de cette aventure où les "privés", les amateurs et les amoureux de l'Afrique avaient, tout juste, encore leur place et comme je n'avais pas d'équipe d'assistance, je me suis intéressé à la sophrologie pour potentialiser mes capacités de récupération et gérer mon sommeil pendant l'épreuve. Ce n’est que bien plus tard que j’ai commencé à découvrir la sophrologie sous ses aspects thérapeutiques et, osons, le dire, spirituels. Pour cette préparation au « Dakar », j’ai été pris en charge par mon ami sophrologue Philip Degand, qui depuis lors est devenu mon associé et avec lequel j’ai développé en milieu hospitalier un programme de gestion du stress que j’utilise dans mes consultations privées et dans les entreprises. Ce programme est un pilier majeur des séminaires sahariens. Après ce premier contact avec la sophrologie, j’ai poursuivi ma formation à la Fédération Européenne de Sophrologie avec le Docteur Yves Davrou, pionnier de cette technique et traducteur des écrits d'Alfonso Caycedo, père fondateur de la sophrologie.

La naturopathie

J’ai ensuite suivi l'enseignement de Robert Masson, naturopathe et auteur de nombreux ouvrages. J’ai retiré beaucoup de bénéfices personnels de cette formation. Les principes de vie enseignés par Robert Masson sont toujours pour moi des références et des balises dans ma vie quotidienne, à la fois pour leur simplicité, leur bon sens et leur clarté scientifique. De cet enseignement à Paris, particulièrement riche pour la recherche de mon équilibre personnel, j’ai surtout retenu la théorie de "l'équilibre du potentiel vital homéostasique", autre pilier du contenu théorique de "Marcher pour progresser".

Une psychanalyse lacanienne et jungienne

A la suite d'une longue psychanalyse "lacanienne" personnelle, j’ai fréquenté les séminaires de la Section Clinique de Lille et de Bruxelles de l'Ecole de la Cause Freudienne et du champ freudien, avant de définitivement quitter la kinésithérapie pour me consacrer essentiellement, au début des années 90, à mon propre cabinet de sophrologie et de psychanalyse tout en continuant mes activités de consultant en gestion du stress à Mons en Belgique. Bien qu’ayant le sentiment d’avoir bien « progressé », j’ai décidé de poursuivre mon expérience personnelle et ma formation psychanalytique à travers une deuxième analyse et l'œuvre de Jung.

La naissance de Marcher pour progresser

Au chapitre de la marche et du désert, c'est pendant le tour des Annapurnas au Népal que j’ai pris conscience de cet « état de grâce » très particulier que je ressens après une dizaine de jours de marche et de tout ce que la marche peut apporter à l’être humain au niveau du corps et de l'esprit. La recherche de cette sensation et de ce bien-être m’a incité à renouveler l’expérience des itinéraires longs, comme le GR 20 en Corse, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle au départ du Puy-en-Velay et à travers plusieurs marches dans différents endroits du Sahara et du monde. Depuis pas mal de temps, le désir de faire partager et de transmettre ces diverses expériences était en gestation. En 2003, j’ai décidé de créer « Marcher pour progresser » en réunissant dans un projet, qui m’était avant tout agréable, divers outils qui m’ont aidé dans ma vie et qui m'ont permis de dépasser certains obstacles. Cette synthèse de mon parcours, je vous invite à la découvrir, à la partager et à l'enrichir avec moi, en marche dans le désert et le soir autour du feu des bivouacs. Pendant ces marches, je tente de proposer un moment privilégié d’arrêt et de regard sur soi, sur les autres et sur la nature. J'essaie aussi d’ouvrir de nouveaux horizons au petit groupe de participants et de leur offrir de nouvelles voies de recherche, de réflexion et de développement. Il ne s’agit pas d’une psychothérapie brève de groupe mais d’un apprentissage de différentes techniques destinées à être utilisées et valorisées par chacun dans le but d’améliorer sensiblement son bien-être au quotidien. Mon rôle est de veiller au bon déroulement des différents ateliers et de limiter le groupe à sa fonction de témoin sans jugement ni interprétation. La priorité est faite à la pratique et au vécu dans le strict respect de l’intimité de chacun.

Psychogénéalogie et créativité

C’est intuitivement et à travers la photographie et la numérisation de vieilles photos de famille, que j'ai commencé à m'intéresser à la psychogénéalogie et à l’impact des traumatismes, des secrets, des tâches inachevées et des deuils non-faits de nos ancêtres sur l’existence des générations suivantes. En novembre 2003, j'ai été invité par la Région Wallonne et par la chambre belge des inventeurs à participer au salon mondial des technologies nouvelles « Brussels Euréka 2003 ». J'y ai obtenu une médaille d’argent et le prix spécial de la chambre belge des inventeurs pour mon projet de logiciel de psychogénéalogie: le « Psycho Généalogiciel Inter et Transgénérationnel Multimédia ». Cet outil possède de nombreuses applications dans le champ prophylactique et thérapeutique de la santé mentale mais aussi dans plusieurs domaines éthiques et humanistes. Dans le cadre de ce projet, j'ai eu le grand privilège de suivre une formation et de travailler sur mon propre arbre généalogique avec Anne Ancelin Schutzenberger, pionnière de la psychogénéalogie et auteur du très célèbre livre "Aïe mes Aïeux".

Découverte du monde de l'entrepreneuriat

Afin de poursuivre mon travail de recherche et de développement sur les différentes applications que j’ai imaginées autour du logiciel de psychogénéalogie, j’ai fondé, en juillet 2010, la société Généasens dont la mission est la conception, le développement et la commercialisation d'une palette d’outils d’analyse, de partage et de présentation de récits de vie qui ont pour objectif de donner du sens à l’existence et d’avoir une meilleure compréhension de soi et des autres. Le 23 juin 2011, j'ai présenté mon travail de recherche sur le logiciel de psychogénéalogie et une ligne du temps biographique multimédia destinée à l’accompagnement des mourants et du travail de deuil devant diverses personnalités du monde technologique et de l'entrepreneuriat belge et j’ai obtenu le prix du « Business Model Generation » décerné par le « Microsoft Innovation Center » de Mons. Pour mener à bien ces différentes tâches passionnantes liées au développement de nouveaux produits, je suis accompagné par des coachs de « Solvay Entrepreneurs » et de "La maison de l'entreprise" ainsi que plusieurs étudiants de la Faculté Polytechnique de Mons et des hautes écoles de la région qui réalisent leurs travaux de fin d'études sur des thèmes liés à mes projets.

Poursuite de ma formation en psychogénéalogie

A la suite du travail réalisé avec Anne Ancelin Schutzenberger et parallèlement aux ateliers collectifs et individuels de psychogénéalogie et d'analyse transgénérationnelle que j'organise dans mon cabinet montois et à l'étranger, j'ai poursuivi mon expérience personnelle de l’arbre et ma formation en analyse transgénérationnelle à Paris avec Didier Dumas, également auteur de plusieurs ouvrages sur le transgénérationnel. Cette formation aborde, entre autre, la question du « nettoyage » de l’arbre familial et la clinique des ancêtres « mal morts ». Après le décès de Didier Dumas, j’ai poursuivi ma formation en psychanalyse transgénérationnelle, de 2012 à 2014, avec son successeur Bruno Clavier au « Jardin d’idées ».

Généasens

En 2011, j’ai créé le site Généasens, un site collaboratif dont le but est d’enrichir un ensemble d’informations et d'outils concernant la psychogénéalogie et l’analyse transgénérationnelle. Ce site offre des clés théoriques et pratiques pour aider les visiteurs à comprendre le sens parfois caché de certains dysfonctionnements personnels ou familiaux, en utilisant simplement les données dont ils disposent.

L’accompagnement de la fin de vie et le devoir de mémoire

Pendant plusieurs années, j'ai travaillé, en collaboration avec l'équipe de Picardie laïque, à une réflexion sur la création d’un nouveau protocole d’accompagnement de la fin de vie, de funérailles laïques d’accompagnement du deuil et de clôture du deuil. Cette réflexion a débouché en 2014 sur le développement d’une application innovante appelée Commemoria dont l'objectif est d'assister les personnes âgées dans le processus de transmission des événements qu'elles ont vécus aux générations futures. Cette application peut également être utilisée pour aider les proches de personnes décédées à pouvoir leur dire au revoir en toute dignité. Concrètement, l’outil permet de recueillir un ensemble de témoignages à propos de la vie d'une personne et de les organiser chronologiquement. Les proches de la personne en fin de vie ou du défunt postent des témoignages écrits, qui peuvent être enrichis de photos, documents, articles de presse, liens internet, vidéos mais également des témoignages audios ou vidéos afin de créer une biographie multimédia et permettre un rituel de séparation extrêmement personnalisé entre traditions des aïeux et technologies actuelles. De cette façon, l’histoire de la vie de la personne décédée est connue mais surtout transmise à ses descendants et à ses proches, contribuant à leur (re)construction et à leur évolution mentale puisque l’être humain construit les représentations de sa propre mort en enterrant les gens qu’il aime. Ces outils innovants ont été testés avec succès dans le cadre de l’accompagnement des personnes âgées en maison de retraites et des évaluations identiques sont en cours dans le cadre de l’accompagnement des soins palliatifs.

Le chamanisme et les hommes médecine

A la suite de l’enseignement de Didier Dumas et grâce aux liens tissés par Bruno Clavier avec la culture amérindienne, j’ai fait la connaissance de T8aminik Rankin, un chef héréditaire et homme médecine algonquin dans le cadre d’une initiation à la culture amérindienne et à la découverte de la pratique d’une hutte de sudation (Matato). Grâce à de nombreux voyages organisés dans des sociétés traditionnelles, Tamera détient une connaissance forte des ethnies et des peuples du monde. En 2013, à la suite de cette rencontre particulièrement riche avec T8aminik et comme je m’intéresse depuis de nombreuses années au lien qui existe entre la transmission transgénérationnelle et le chamanisme, j’ai proposé à Tamera de nous lancer ensemble dans un cycle d’exploration du chamanisme mondial durant sept années à raison d’un voyage par an. Je ne me prétends pas expert du sujet et notre programme propose essentiellement une découverte du chamanisme, des guérisseurs et des médecins traditionnels. A aucun moment, il ne sera question d’un programme thérapeutique et je souhaite préciser qu’aucune substance ne sera absorbée par les participants.