Découverte du bouddhisme tibétain et trekking de monastères en monastères (Ladakh)

juillet 2008

Le Ladakh se situe au nord de l'Inde entre les deux chaînes de montagnes les plus hautes du monde, celle de l'Himalaya au sud et du Karakoram au nord. La superficie du Ladakh est un peu plus de deux fois la superficie de la Suisse. Ces hauts plateaux désertiques se trouvent aux altitudes comprises entre 2500 et 5000 m, les plus hauts sommets culminant à plus de 7000 m. L'Indus qui a déjà parcouru 500 km depuis sa source au Tibet partage le Ladakh en deux. Leh, la capitale se trouve dans la vallée de l’Indus, qui forme le Ladakh proprement dit. Le Ladakh ne s'est ouvert au tourisme que très récemment car en 1972 un aéroport militaire à été construit à Leh dans le contexte du conflit de l'Inde avec le Pakistan.

Via Bruxelles, Zurich et New-Delhi, après avoir survolé la chaine himalayenne, l’approche avant l'atterrissage à Leh est un impressionnant slalom entre les montagnes.L'aéroport de Leh est en fait un aéroport militaire mais quelques avions de ligne s'y posent. Vu les conditions climatiques parfois difficiles, les vols ne s'effectuent que le matin.

Leh, la capitale du Ladakh se situe à 3500 m d'altitude. Nous avons profité d'une indispensable acclimatation à l’altitude pour visiter, avec le souffle court ,cette sympathique ville grouillante de vie à l’architecture intéressante.

Le nom de ce petit pays signifie "le Pays des Cols". C'est une oasis coincée entre la chaîne du Grand Himalaya qui arrête les moussons et la chaîne du Karakoram au nord. Il fait partie de la province du Jammu-Cachemire lui-même membre de l'Etat Indien. Voisin du Tibet (à l'est) on le surnomme le Petit Tibet, ce qui est encore plus vrai depuis que les Chinois ont envahi le Tibet et persécuté les Tibétains. Les Tibétains ont fui la colonisation chinoise et se sont réfugiés au Ladakh apportant avec eux la culture tibétaine et perpétuant la religion ou plutôt la pensée bouddhiste.

Il y a cinquante ans, Leh, l'ancien caravansérail de la Route de la Soie, était l'un des carrefours les plus prestigieux de l'Asie centrale. Sa position géographique faisait de la ville un centre privilégié d'échanges commerciaux sur la voie de communication reliant le Cachemire à l'Asie centrale. Les caravanes qui venaient de Russie, de Kashgarie et du Turkestan se rejoignaient à Khotan avant d'atteindre Leh. Lhassa, la capitale du Tibet était reliée au Ladakh par une route qui longeait le versant nord de l'Himalaya.Des caravanes formées essentiellement de mules, quittaient en été, le Punjab et le terminus ferroviaire de Rawalpindi. Elles arrivaient à Leh au début de l'automne. Les marchands venus d'Asie centrale, de Khotan, de Kashgar, de Yarkand, de Lhassa, rejoignaient alors les caravaniers de l'Inde. Là , les marchands du Turkestan , chaussés de longues bottes, proposaient de l'argent et de l'or aux commerçants indiens qui offraient , en échange, des coraux, des étoffes de coton, de la laine et du thé.

Dans les années 20, lorsque le commerce transhimalayen était à son apogée, dix à quinze caravanes venues de Yarkand franchissaient chaque année les dangereux cols du Karakoram pour se rendre à Leh. Elles apportaient des tapis, des cuirs russes, du velours, des peaux et des chevaux qu'elles échangeaient contre des épices, des brocarts, de la vaisselle et de l'opium indiens. Toutes ces marchandises étaient contrôlées par le gouvernement ladakhi. Les marchands cachemiris venaient à Leh acheter le pashm (duvet de chèvre himalayenne utilisé pour fabriquer des châles précieux) que les négociants ladakhis s'étaient procurés sur les hauts plateaux du Rupshu et au Tibet. Chaque année les autorités tibétaines envoyaient à Leh une caravane, baptisée Chapa, troquer les briquettes de thé vert contre des produits indiens. Malheureusement, après la deuxième guerre mondiale, puis en 1950 après l'invasion du Tibet par les Chinois. Leh, a bien failli devenir une ville fantôme.Actuellement c'est grâce au tourisme que Leh ,dominée par son palais inscrit au patrimoine mondial de l' UNESCO, a retrouvé, petit à petit, son dynamisme d'antan.

Ce n’est qu'en 1974 qu'on rouvrit les frontières aux étrangers. Aujourd'hui le long de la rue principale ou bazar, les villageoises viennent vendre leurs produits frais et s'installent sur les trottoirs. Les échoppes ont un charme particulier. De chaque coté de la rue, les inévitables magasins d'antiquités. La vieille ville (entre le grand bazar et le palais royal) a gardé son charme d'antan avec ses maisons de un à trois étages en briques crues. Les toits plats sont recouverts de terre et les façades blanchies à la chaux. Les ruelles jalonnées de chortens et de petits murs "mani" sont un véritable labyrinthe. Au-dessus le palais royal veille sur la ville protégé par plusieurs temples.

Le monastère de Stok

L'un des objectifs du voyage était de découvrir le bouddhisme tibétain au Ladakh. Nous avons commencé par la visite du monastère de Stok. Le monastère de Stok est situé à 14 kilomètres au sud de Leh, sur la rive gauche de l’Indus. Le palais a été construit en 1840 quand le roi du Ladakh y fut exilé après sa défaite face aux envahisseurs Dogra.

De la terrasse du monastère, la vue est superbe sur le massif du Stok et ses nombreux sommets.

Le festival d'Hemis

Pendant cette première partie de notre voyage consacrée à notre indispensable acclimatation à l'altitude, nous avons eu le privilège d'assister à la fête monastique d'Hemis.

Situé à 44 km de Leh, en amont, dans un vallon latéral de la rive gauche de l'Indus, Hemis est actuellement le plus grand monastère du Ladakh. Il fut fondé en 1602 par un moine bouthanais de l'ordre Dugpa-Kagyupa.

C'est à ce même ordre qu'appartient toujours le monastère auquel sont rattachés quelques 500 moines. Durant plusieurs années, Hemis fut privé de supérieur, le titulaire ayant été fait prisonnier par les Chinois alors qu'il étudiait dans un des collèges de Lhassa.

Chaque monastère est lié à une divinité dont il met en scène des différentes manifestations au cours d'une fête annuelle.Certains des festivals les plus importants entre autres celui de Hemis, sont consacrés à padmasambhava et à ses huit manifestations, car il est après le Bouddha le maître indien le plus vénéré par les bouddhistes tibétains. C'est en grande partie à lui que l'on doit l’introduction du bouddhisme au Tibet vers le 8eme siècle.

Les fêtes d'Hémis ont lieu tous les ans, fin juin-début juillet, le dixième et le onzième jour du cinquième mois du calendrier tibétain.

Rien à voir avec un festival de musique ou de danses flokloriques, il s'agit bien d'authentiques fêtes religieuses. Nous avons pu assister aux prières et aux préparatifs des moines avant les danses rituelles. L'eprit de tolérance qui règne dans ces lieux permet à deux mondes très différents, celui des moines et des "touristes", de se cotoyer sans la moindre tension.

Les danses exécutées, appelées « Chams », ont pour but de lutter contre les ennemis nuisant à la doctrine de Boudha. Elles ont lieu dans la cour principale de « la gompa », c'est-à-dire du monastère.

Une légende bouddhiste rapporte que le grand maître indien Padmasambhava (8éme siècle) invité au Tibet pour conjurer les obstacles qui s'opposaient à la construction du monastère de Samye aurait vaincu les démons en exécutant une danse. Toutes ces danses sont répertoriées dans un recueil nommé "Kalacakrantantra". Les danses exécutées à Hémis racontent la vie de ce grand maître.

Le début de la cérémonie est marqué par une procession composée de moines et de musiciens.

Les moines ou lamas sont vêtus de somptueuses robes de brocart et portent des masques très colorés et expressifs. Ils miment diverses scènes illustrant la vie du héros et des divinités contre les mécréants et les forces du mal

Les matériaux utilisés pour la confection des masques sont fort variés. Les textes préconisent des métaux (or, argent, cuivre, bronze, fer), divers ossements d'hommes, de cheval ou de boeuf, et différents bois. (Santal, noyer, abricotier, pommier). Les textes mentionnent aussi l'argile et le papier mâché.

Les vêtements sont coupés dans des tissus et des brocarts de toutes les couleurs. La couleur de l'habit porté par le personnage jouant le rôle d'une divinité correspond le plus souvent à la couleur du corps de la déité représentée.

Liaison pour rejoindre le départ du premier trekking.

Nous quittons Leh pour aller dans la vallée de Sham. Nous prenons la route pour Alchi, en passant par plusieurs villages de la vallée.

Peu en dessous de Leh, à Nimo, nous voyons la rivière Zanskar se jeter dans l'Indus. La partie plus claire et plus large sur la photo est la rivière Zanskar. A 4000 mètres d'altitude, entre la chaine de l'Himalaya et la vallée de l'Indus, se trouvent les vallées perdues du Zanskar dont la population est bouddhiste. Le Zanskar souffre d'un climat rude et d'un isolement quasi-total pendant l'hiver les cols d'altitude étant coupés par la neige. A cette saison cependant, et pendant quelques semaines seulement, un petit trafic de caravanes entre Leh et le zanskar s'établit sur les bords de la rivière gelée.

Basgo

En route, nous visitons le temple de Basgo,dédié au Bouddha Maitreya, qui est un ancien fort perché sur une crête dominant la vallée.

L’impressionnante citadelle de Basgo fut à plusieurs reprises entre les 15ème et 17ème siècles, l’une des capitales du Ladakh. Site stratégique par excellence, elle soutint durant trois ans le siège de la grande armée tibéto-mongole envoyée par le cinquième Dalaï Lama. Parmi les ruines demeurées imposantes subsistent deux temples dont celui du Bouddha Maitreya.

Le Bouddha Maitreya

Maitreya « amical », « bienveillant » en sanscrit, serait le prochain Bouddha à venir lorsque le Dharma, l'enseignement du Bouddha Shakyamuni, aura disparu. La croyance en l'avènement de Maitreya est partagée par les courants theravāda et mahāyāna du bouddhisme. Maitreya règnerait actuellement au paradis, en tant que Bodhisattva où il travaillerait à dissiper ses derniers voiles à l'omniscience.

Maitreya est le sujet de la Prophétie de Maitreya. Il y est dit qu'il apparaîtra à Ketumati, la Resplendissante, autre de nom de Bénarès, qu'il y naîtra dans une famille de brahmanes, alors que Shakyamuni était de la caste militaire des kshatriyas. De même, alors que Bouddha Shakyamuni était un bouddha de compassion survenu en un âge de souffrances, Maitreya, comme son nom l'indique, sera un bouddha de bienveillance, en un âge d'harmonie, afin de rehausser le bien-être du monde, et l'orienter vers l'Éveil.

La Prophétie de Maitreya a fait l'objet en Chine à certaines époques d'une interprétation nettement millénariste, et inspiré la rédaction de nombreuses versions apocryphes. Elle offre un espoir à des populations qui ont le sentiment de vivre dans la période finale du dharma où l’ordre social et religieux se dégrade et les catastrophes et désastres se multiplient, et qui attendent un sauveur inaugurant une ère nouvelle. Cette croyance est responsable de la popularité de Maitreya

Pour accélérer sa venue, il est conseillé de redoubler de piété et de multiplier les offrandes aux moines et les visites aux temples. Certains courants s’écartant du bouddhisme orthodoxe estiment au contraire que Maitreya a déjà atteint l’état de bouddha mais diffère sa venue, ou qu’il est déjà dans ce monde incognito.

Maitreya est généralement représenté en saint homme ou en prince. Lorsqu’il est assis, ses deux pieds reposent sur le sol, ce qui peut s'interpréter de deux façons : il n'est pas encore « assis » comme bouddha, ou au contraire il se prépare à se lever et descendre sur terre. Il peut d’ailleurs avoir la tête légèrement baissée, signifiant qu’il regarde le monde. Il porte quelquefois un petit stupa dans sa coiffure. On voit souvent dans sa main droite une roue posée sur un lotus, et dans la gauche une fiole contenant le nectar du Dharma.

Alice Ann Bailey, une pionnière du New Age, prétend que Maitreya est le messie attendu par toutes les religions sous des noms différents, et qu’il aurait déjà fait de nombreuses apparitions publiques et privées.

Source : Wikipdia

Par de somptueux paysages, nous reprenons notre route vers Alchi.

Alchi, première "mise en jambes".

Alchi, une perle esthétique fragilisée par le temps qui passe.

Situé sur la rive gauche de l’Indus, Alchi est l’un des monastères des 11ème et 12ème siècles subsistant au Ladakh. Les restaurations entreprises au 16ème siècle n’en n’ont pas altéré la forme originelle. Les peintures relèvent de la tradition, encore vivante à l’époque, des artistes cachemiris. Parmi les cinq temples qui le constituent, chacun offre une splendeur particulière avec des peintures kashmiri-tibétaines. Au 15ème siècle Alchi est tombé dans l’oubli et à échappé aux restaurateurs, d’où son intérêt pour les historiens de l’art. Depuis cent ans, les moines de Likir veillent à son entretien.

En fin de journée, Dadul, notre guide ladhaki, nous invite à une "petite promenade" autour d'Alchi, question de tester notre condition physique et notre degré d'acclimatation à l'altitude avant les deux trekkings qui nous attendent.

Pour une première "balade", la pente est vraiment raide et parfois vertigineuse sur cette sente, en voie de disparition, qui autrefois conduisait le bétail à l’alpage. Dans ce cas une seule consigne : essayer de garder sa fréquence cardiaque entre 120 et 140 pulsations par minute (moyenne valable pour la plupart des individus) et adapter "son braquet", en l'occurrence ici, la longueur de ses pas et la vitesse de son ascension pour ne pas passer "dans le rouge", comme disent les cyclistes aguerris et maintenir l'équilibre entre la quantité d'oxygène utilisée par les muscles à l'effort et les capacités cardio-vasculaires.

Test réussi pour l'ensemble de l'équipe, non sans peine! Heureusement que la vue rachète largement l'effort!

Nous aurons juste le temps de descendre au village pour apercevoir les femmes qui poursuivent la moisson jusqu'au crépuscule. Les paysans sédentaires des oasis sèment du froment ou de l'orge dit de "soixante jours" qui mûrit en deux mois. Les femmes entretiennent les champs pendant que les hommes gardent les troupeaux dans les pâturages d'altitude entre 4000 et 4500 mètres. Les femmes s'occupent aussi des jardins bien protégés par des murets gardant ainsi la chaleur des rayons du soleil. Entre les murs de briques de boue séchées au soleil on tend une bâche en plastique pour protéger les légumes des gelées nocturnes. Elles y font pousser, salades, choux, pommes de terre, carottes, tomates... et cela à 4000 mètres d'altitude! Leurs jardins sont fumés avec les excréments des latrines mélangés à de la cendre aux bouses de yaks ou de dzos (hybrides de yaks et de nos vaches) étant séchées pour chauffer la maison. Pendant l'hiver qui dure plus de six mois, elles filent et tissent la laine et confectionnent les habits de laine, les cordes et les sacs.

Le lendemain matin, nous poursuivons la liaison qui nous conduira au départ de notre premier trekking en nous laissant guider par l'Indus qui se faufile entre les montagnes.

Mangyu

Au passage, nous visitons le village de Mangyu qui abrite un très beau monastère datant de la même époque que celui d'Alchi (11ème siècle). Ce monastère, caché dans une vallée transversale et étroite de l’Indus est peu connu en raison de son isolement.

Cultures en terrasses

Ce pays coincé entre les deux chaînes les plus hautes du monde serait un véritable désert s'il n'était pas traversé d'est en ouest par l"Indus, le fleuve sacré qui prend sa source au Tibet et se jette dans l'océan Indien après avoir traversé le Pakistan. Les eaux de ce fleuve ainsi que celles de ses affluents alimentés par la fonte des glaciers apportent la vie nécessaire aux cultures. Les Ladakhis se sont donc regroupés autour de ces cours d’eau, les ont domptés et les ont canalisés. Leurs champs sont disposés en terrasses en fond de vallée afin que les bonnes terres ne soient pas entraînées vers le bas et emportées par la rivière. Ils cultivent des champs d'orge, de blé et de luzerne, mais à l'abri de murets ils cultivent aussi les légumes et même des tomates à plus de 4000 m d'altitude.

Likir : Début du premier trekking

Nous voici enfin arrivés au village de Likir, point de départ de notre premier trekking. Les tentes dans lesquelles nous allons loger pendant 10 jours sont parfaitement allignées entre les peupliers face aux montagnes qui nous attendent.

Dadul nous explique l'itinéraire de l'étape de demain et ce serait mentir que de dire qu'il n'y a pas, au sein du groupe, une certaine appréhension en suivant du regard ou du doigt les courbes de niveau qui courent en parallèles serrées sur la carte.

Après un excellent repas, préparé par l'équipe, ladakhi-népalaise, qui va dorénavant nous accompagner pendant les deux trekkings, nous partons pour le monastère de Likir.

Malgré l'altitude (3500m), même si l'ombre commence à s'étirer, il fait encore très chaud à cette heure de l'après midi.

Marcel commence déjà à ressembler au Capitaine Haddock, cette identification ne fera que s'amplifier au fil du voyage.

Un coup d'oeil en arrière sur le village-oasis de Likir.

Le monastère de Likir est un monastère du Ladakh fondé par les moines bouddhistes tibétains de l'ordre Gelukpa, au XIe siècle. Gelukpa est la traduction littérale de « modèle de vertu ». Nom de l’ordre réformé de la plus importante école lamaïste au Tibet et en Mongolie. Elle fut fondée au XIVe siècle par Tsongkhapa, moine qui entendait restaurer l’éthique ascétique prônée par le Bouddha historique. La coiffe de cérémonie de leurs dignitaires a valu aux Gelukpa le surnom de « Bonnets jaunes » en Occident. C’est à cette école qu’appartiennent les grands rinpoché comme le Dalaï lama.

Un immense Bouddha doré de 25 m de haut offert par les Japonais domine l'édifice.

Nous avons pris tout notre temps pour savourer la sérénité du lieu et visiter les différents temples qui le composent.

Le soleil commence à décliner et il est temps maintenant de redescendre vers le village à travers champs.

Trekking de Likir vers Yangthang

Le premier trekking débute, notre acclimatation à l'altitude est considérée comme suffisante et pour cette première étape de Likir à Yangthang, Denis a décidé de porter le vieux Borsalino de son grand-père, qu'il a décidé d'emmener dans l'Himalaya .

Les maisons ladhakies, hautes de plusieurs étages et couvertes d'un toit plat, sont faites d'un latis de saules posé sur des poutres de peuplier recouvert d'une épaisse couche de terre où l'on fait sécher les récoltes et où on entrepose les matériaux. Quelques fenêtres aux lintaux ouvragés apportent un peu de lumière à l'intérieur de l'habitation.

Les chortens ou stupas sont peut-être les plus représentatifs du monde de Bouddha: ce sont des reliquaires coniques qui symbolisent le cosmos et la planète; la base représente la terre, la partie hémisphérique l'eau, le cône composé de treize éléments superposés le feu, la demi-lune placée au-dessus symbolise l'air, tandis que la boule du sommet illustre le soleil. On doit absolument faire le tour d'un chorten dans le sens des aiguilles d'une montre.

L'incantation la plus fréquente, celle que l'on rencontre partout, celle que l'on récite pendant toutes les cérémonies religieuse est la fameuse formule sanskrite "Om mani padme hum" qui signifie "Je te salue, ô joyau (Bouddha) dans la fleur de lotus (le monde). Ou encore ce sont ces petits drapeaux de prière que l'on rencontre en haut des cols, à l'entrée des villages. Sur ces drapeaux sont inscrits des mantras, c'est-à dire des prières et ainsi les textes sacrés sont emportés par le vent.

Après une montée progressive nous franchissons un premier col puis nous descendons vers la vallée de Sumda.

Extase ou chemin de croix pour Bertrand et Philippe ?

Le deuxième col de la journée, le Charatse La (3650m).

Petite pose méditative pour le Borsalino au sommet du Charatse La avant d'entreprendre la descente vers le village de Yangthang.

Yangthang (3550m)

Il fait très chaud et Jean Louis tente de se rafraîchir entre les drapeaux qui flottent au vent de ce petit col.

Enfin! Après 5 heures de marche, nous rejoignons la fraîcheur d'un superbe campement au bord d'une rivière.

Même le vieux camion indien "TATA", qui transporte nos équipements pour ce premier trekking, tente de se rafraîchir.

En fin de journée, nous descendons au village de Yangthang.

Grâce à Dadul notre guide qui est très connu, nous passons un long moment à plaisanter, sur une aire de battage doucement ensoleillée, avec ces femmes. Moment particulièrement attachant et convivial.

Une brise agréable accompagne Catherine qui rejoint notre campement sous le soleil rasant de cette belle fin de journée.

Jean-Louis commence cette deuxième étape qui nous emmènera de Yangthang à Hemis Shukpachan.

Nous commençons par une montée douce vers le col de Sermanchan, en chemin nous croisons un couple de tisserands itinérants qui offrent leurs services aux villages qu'ils traversent pour réaliser de longues bandes de tissus qui serviront ensuite à confectionner vêtements et couvertures.

Au col, cette carcasse rappelle à Marcel de ne pas oublier de s'hydrater régulièrement avant de ressentir la sensation de soif.

Chaque fois que la configuration du terrain le permet, nous préférons marcher à distance les uns des autres afin de savourer tranquillement chacun notre chemin.

Hemis Shukpachan

Après le repas et la sieste, Dadul nous invite à rendre visite à des amis qui vivent dans une maison située au dessus de notre campement. Nous pourrons ainsi goûter aux diverses spécialités locales, comme le thé au beurre, la tsampa et la bière d'orge appelée le chang.

La pièce du foyer au premier étage est la pièce principale, celle où on se réunit. A coté d'elle une petite pièce borgne dans laquelle on entrepose les farines, la viande séchée, le beurre, la bière. Bien souvent le foyer est en terre noircie ou rarement en métal (comme sur cette photo). Tout autour de la pièce des étagères de bois où est exposée la vaisselle (c'est un signe extérieur de richesse) marmites en cuivre étamé ou en fer blanc, pots à bière et théières en cuivre, bols en métal argenté pour mélanger la kolak( mélange de tsampa, de thé beurré, de bière ou de yaourt.

L'alimentation de base est la tsampa (farine d'orge grillé), pétrie quelquefois avec le chang ( la bière d'orge fermentée). Le thé est souvent la boisson de base, mélangé à du beurre rance, du sel et parfois un peu de lait. L'été, yaourt et légumes améliorent l'ordinaire, la viande de mouton, de chèvre ou de dzo n'est consommée qu'en faible quantité, bien souvent sous forme de raviolis, les mo-mo.

Nous avons aussi eu la chance de voir le Perak familial qui trône au mileu de la pièce principale. Le Perak, est un chapeau à grandes oreilles, fourré d'astrakan noir et couvert de turquoises à l'extérieur, que les jeunes femmes laddakhies portent lors des fêtes. Ce chapeau qui descend en pointe jusque dans le dos, permet de juger la fortune de la famille au nombre et à la qualité des turquoises apposées.

En fin de journée une dernière marche dans le village nous permet de rencontrer ,dans un champ de pierres, un magnifique moulin à prières actionné par l'eau de la rivière.

Autre symbole religieux très souvent rencontré , les moulins à prières sont de toutes les formes: depuis l'immense cylindre, bien souvent situé à l'entrée d'un village ou dans un quartier d'une ville, que font tourner plusieurs hommes, jusqu'au petit moulin portatif muni d'un manche et d'une boule en bois, en os ou en argent, servant de contrepoids pour la rotation. Ces petits moulins contiennent des mantras, des formules religieuses, et peuvent être mus aussi par le vent, l'eau ou encore par les faibles courants d'air chaud montant des lampes à beurre dans les temples.

C'est en colonne serrée et sous un petit crachin que nous quittons Hemis Shukpachan et reprenons frileusement le chemin de ce troisième jour de trek qui va nous mener à Temisgan (3200m) .

Après avoir quitté le village, nous empruntons un chemin sur le plateau qui nous conduit progressivement au premier col. Ce climat familier aux belges n'entame manifestement pas la bonne ambiance de Marcel, Damien et Bertrand.

Au col nous trouvons les traditionnels amoncellements de cailloux, de pierres gravées, de drapeaux multicolores et autres traces « chamaniques ».

Si le rituel occidental consiste habituellement à poser pour la photo, ici au Ladakh le rituel au passage d’un col consiste à crier trois fois avec conviction un tonitruent « Kiki !!!, Soso !!!, Largalo !!! ». Je ne garantis évidemment pas l’orthographe et l'exactitude de cette retranscription phonétique.

Après cette magnifique descente parmi les strates géologiques multicolores nous allons remonter, sous la pluie qui tombe de plus en plus, vers le sommet du Meptek La.

C'est raide! surtout ne pas oublier la formule: 120 / 140!

Et ne surtout pas vouloir suivre les autres tout prix !

Y aller doucement chacun son rythme !

Au sommet du Meptek La, le temps s’éclaircit de l’autre côté de la vallée.

Après quelques jours seulement de trekking les physionomies et les morphologies commencent déjà à changer. Que ce soit dans le désert ou en montagne, j’aime toujours bien constater les effets bénéfiques de la nature sur mes compagnons de voyage. Le corps retrouve toujours très vite ses adaptations ancestrales de « machine à marcher » dans la nature.

Portraits de Trek

Après ce second col de la journée, nous allons entreprendre une longue descente vers le village de Ang.

En fond de vallée, nous suivons une rivière qui nous guide vers le village de Temisgan dernière étape de ce premier trekking.

Le très beau monastère de Temisgan

Ce voyage a été pour nous l’occasion de découvrir le bouddhisme tibétain dans des conditions particulièrement favorables.Dadul, notre guide, a été moine pendant 10 ans avant de quitter le monastère pour devenir guide et ensuite monter sa propre agence de Trekking. . Grâce à Dadul et à ses relations privilégiées avec les moines nous avons pu nous initier à la pratique de la méditation, notamment avec son ami le lama Thupsan Lhundup et à la doctrine boudhiste avec son ami Thupsan Norbu, lui aussi ancien moine qui comme Dadul à fait sa maitrise en philosophie bouddhiste. Chaque fois que l'opportunité s’est présentée, comme ici dans le monastère de Temisgan, Dadul nous a dispensé son enseignement et a guidé nos nouvelles expériences de méditation.

Quel plus bel endroit, que celui-ci, pour rédiger son carnet de voyage ?

C’est donc à Temisgan que s’achève notre premier trekking de quatre jours. A une altitude moyenne de 3500m, des étapes de 4 à 5 heures de marche nous ont permi d’affûter notre condition physique et de poursuivre notre acclimatation. Lors du second trekking, les étapes seront plus longues et plus dures car des col à 4950m et à 4700 mètres nous attendent.

Liaison Temisgan - Lamayaru

Pour rejoindre le départ du deuxième trekking ,au monastère de Lamayaru, nous prenons la route pour une étape de liaison. Sur cette route de montagne parcourue par de splendides camions surchargés, les règles de la circulation locale défient toutes les lois de la sécurité routière et sont sources de nombreuses « chaleurs » sur ce trajet.

Le monastère de Lamayuru

On gagne Lamayuru en quittant la route de Srinagar à Leh. Les bâtiments du monastère s’étagent sur une colline dominant un paysage fabuleux, que ferme un cirque de roches moutonnantes et figées comme des séracs, d’un fantastique jaune ocre. Chortens et murs de mani jalonnent l’ancienne voie caravanière. Aujourd'hui, le Monastère héberge 200 moines et lamas dont 50 enfants moines. Les enfants sont accueillis dès l'âge de 4 ans. Les hivers sont très rudes, à Lamayuru, il y fait jusqu'à -40° durant trois mois : décembre, janvier et février et ils n'ont pas de chauffage. Le Ladakh est très aride et le bois, qui pourrait être utilisé pour se chauffer, est inexistant à Lamayuru.

Après-midi, nous quittons Lamayuru pour commencer notre deuxième trekking. Ce soir nous rejoindrons, au bivouac de Wanla (3200m), les chevaux et les ânes qui dorénavant transporteront notre matériel.

Bertrand jette un dernier regard déjà nostalgique sur Lamayuru et la fraicheur de ses sympathique gargotes ombragées, avant de s’engager stoïquement dans l’ascension ensoleillée du prochain col .

Une des principales caractéristiques du paysage ladakhi est la projection de l’ombre des nuages sur les montagnes. Le Ladakh se situe au nord de l’Himalaya qui arrête la plupart des nuages de la mousson venue d’Inde. Néanmoins quelques nuages arrivent à franchir cette gigantesque barrière montagneuse pour donner cette lumière particulière.

Plus que quelques mètres d’ascension et Catherine sera autorisée à pousser son « Kiki !!! Soso !!! Largalo !!! »

Juste devant nous, tout au fond, nous attend le Konski La (4950 m) que nous devrons franchir dans deux jours. Mais ça, Dadul, en fin guide psychologue qu'il est, ne nous nous le dira pas maintenant pour ne pas nous décourager.

La descente s’effectue dans un long et magnifique Canyon

Généralement l’entrée des villages est annoncée par des Chortens et des Stupas, comme ici à la sortie du canyon.

En longeant une rivière nous arrivons à Wanla (3200m), petit village avec son beau temple du 13ème siècle qui, sur une colline, domine la vallée.

Le camp est agréablement arboré et comme ce fut souvent le cas, installé au bord d’une rivière, ce qui nous a apporté un confort certain tout le long du Trekking.

Comme prévu, Rinchen et Padma, nos nouveaux compagnons muletiers, nous attendent sous leur campement minimaliste simplement constitué d’une bâche de plastique qui n’a vraiment rien vraiment d’high-tech. Belle leçon de rusticité et de simplicité que nous donnent ces deux hommes toujours de bonne humeur malgré les rudes conditions de leur métier.

Le matin, l’harnachement de la caravane, constituée d’une quinzaine de mules, ânes et chevaux, est tout un rituel qui demande aux caravaniers une charge importante de travail et une grande rigueur dans la répartition équilibrée des charges sur les bâts.

Aujourd’hui, notre journée de marche doit nous conduire de Wanla au campement du village d’Hinju (4000m) situé au pied du col de Konski (4950m), principale difficulté du trekking.

Damien, alias « James » comme "James Dean ", est belge comme l’indique la couleur sa tenue. Amoureux de la musique, Damien ne peut s’empêcher, malgré nos conseils, de porter son sac-à-dos comme sa guitare électrique. Très intéressé par le cours de naturopathie, Damien nous à promis au retour d’arrêter de fumer et de boire du Coca-Cola.

L'Himalaya est la demeure des Dieux.: Chomolungma, le nom tibétain de l'Everest signifie "Pays de la déesse, mère du monde", Annapurna "déesse de l'abondance des moissons". Partout dans ces montagnes on sent la présence des dieux. Les nombreuses pierres sacrées qui jalonnent les sentiers les plus abrupts nous le rappellent. Selon les Tibétains, tout lieu est sacré car Dieu est partout. Les pierres sacrées sont là pour protéger le voyageur et le préserver de tout danger. C'est ainsi que ce monde à part offre la plus incroyable collection d'objets de prière.

Nous arrivons à Hinju (4000) ou bientôt une route viendra désenclaver les villageois et amener « la modernité ».

Hinju (4000 mètres)

Djulé!

Djulé (prononcer djoulé) est un mot magique qui veut tout dire: à la fois ,bonjour,merci , ça va, s'il-vous-plait, etc. Avec ce mot en bouche et en large sourire vous êtes paré pour faire de belles rencontres au Ladakh.

De nouveau grâce aux bonnes relations de Dadul avec les villageois nous sommes invités à prendre le thé et à bavarder avec une famille.

En reprenant le chemin vers le camp qui se situe un peu en amont du village en direction du col, nous croisons les indices flagrants des rituels chamaniques qui persistent au Ladakh.

Un coup d’œil en arrière sur Hinju

Notre camp a déjà été monté et derrière celui-ci, le chemin qui monte au col nous apparait clairement.

L’hydratation est un facteur très important de bonne santé et de bonne condition physique en haute montagne. Pemba le chef cuisinier népalais a toujours été très attentif à ce point en incitant les plus sobres d'entre-nous à boire régulièrement en nous réveillant tous les matins avec un sonore "Tea ? Coffee ?".

Comme l'assistance médicale n’est pas surmenée et que tout va bien pour les participants, Catherine « notre » infirmière et Patrick « notre » toubib, à leur grand plaisir, ont été réaffectés en cuisine.

Avant d’entreprendre, demain matin, un dénivelé de 950 mètres, une nuit fraîche à 4000 mètres d’altitude nous attend.

Dés l’aube, Rinchen et Padma partent dans l’alpage réunir les bêtes qui s’y sont dispersées la nuit pour trouver un peu de nourriture.

Comme chaque matin, le rituel est identique: après le petit déjeuner, nous démontons les tentes et nous emballons nos sacs de voyage dans d’autres sacs en toile épaisse qui les protègeront pendant le transport sur les bâts des chevaux et des ânes.

Nous quittons notre campement de Hinju pour Sumda Chenmo via le col de Konski (4950 m)

Cette première partie de la montée est couverte de lavandes sauvages qui donnent une superbe couleur à la montagne sous l'éclairage rasant du petit matin.

Un regard en arrière et nous apercevons déjà notre caravane qui se rapproche alors qu’elle est partie bien après nous du campement ce matin.

Rinchen et Padma accompagnés de leurs animaux ont vite fait de nous rattraper et de nous dépasser.

De petits groupes se sont naturellement formés en fonction de la condition physique de chacun.

Un dernier coup d'œil en arrière nous permet d'apprécier l' effort de ce matin et le chemin parcouru. Il y a deux jours nous étions là-bas tout au fond en face.

Catherine avait un rêve...

Petite fille, Catherine avait un rêve: elle voulait "un jour, aller aussi haut que le Mont Blanc! ".

Ce 21 juillet 2008 - jour de la fête nationale belge - un petit drapeau français, réalisé en grand secret par ses copains belges avec les moyens du bord, attend Catherine à 4950 mètres d’altitude, donc plus haut que le Mont Blanc, au sommet du Konski La.

Nul doute à voir ces images que le rêve de "la petite" Catherine est réalisé !

Mais il n'y a pas que Catherine qui est émue !

Bon, d’accord, ce n’est pas l’Everest ni l’Annapurna, mais ce presque 5000, nous fait bien plaisir à Marcel et à moi, les hommes du « plat pays qui est le nôtre »

Kiki!!! Soso!!! Largalo!!!

Juste le temps de prendre quelques photos et de savourer le moments et Dadul nous invite à ne pas trop trainer à cette altitude pour éviter le mal des montagnes. Nous redescendrons vite avant de nous accorder une collation.

Le mal aigu des montagnes (MAM) est un syndrome de souffrance, lié à une montée trop rapide en haute-altitude, à l'absence d'acclimatation et à une sensibilité personnelle, plus ou moins importante. Ses symptômes sont des céphalées, des nausées et des vomissements, de l’insomnie, de la fatigue générale, de la lassitude, des vertiges, des troubles de l’équilibre, de la dyspnée et de l’inappétence. Ce mal apparaît après un délai de quelques heures en altitude; il régresse avec l'acclimatation et disparaît immédiatement à la descente. La pression atmosphérique et donc avec elle, la pression partielle en oxygène, décroissent avec l’altitude selon une relation pratiquement exponentielle. De ce fait la quantité d’oxygène disponible au niveau cellulaire diminue ce qui engendre immédiatement un certain nombre de mécanismes compensateurs (hyperventilation, modification de l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène, etc.).Lorsque ces mécanismes compensateurs sont insuffisants ou n’ont pas le temps de s’installer, la victime peut développer un ensemble de symptômes appelé « mal aigu des montagnes ». La prévention passe d'abord par l'acclimatation. Pour des séjours prolongés au-dessus de 3 500 mètres, il faut progresser en altitude de 500 mètres à 800 mètres maximum par jour selon la sensibilité.

Trois règles pour traiter le MAM : premièrement : descendre, deuxièmement : descendre et troisièmement : descendre.

Après une brève sieste, car certains d’entre-nous ont de légers symptômes du mal des montagnes, nous entreprenons une longue descente vers l'alpage de Sumda Chenmo.

En chemin nous sympathisons, dans « une ferme » d’altitude avec des éleveurs de Yaks.

Plus d’une fois pendant ce voyage, sans prétendre jouer aux grands explorateurs, nous aurons l’impression de rencontrer un mode de vie ancestral en voie de transformation et peut-être même en voie de disparition.

Le Yak

Le Yak est un ruminant au corps massif, à la longue toison soyeuse. C’est certainement l'animal le plus utile aux populations des hautes vallées himalayennes. Sans lui, on se demande même si la vie serait possible à pareille altitude. Il est très apprécié pour son lait et sa chair ; on utilise sa laine pour en faire de solides couvertures et des tentes. Animal de bât incomparable, il porte sans peine 100 kilos sur n'importe quel terrain et passe les cols avec une aisance surprenante pour un animal si trapu. Il est doté d'une robe de poils longs, dans laquelle il semble s’empêtrer constamment. Cependant il a le pied sûr et grimpe avec beaucoup de régularité, mieux que le cheval qui travaille par à-coups et s'essouffle rapidement. À l'occasion le yak peut être monté.Le bovidé que l'on voit le plus souvent assister les paysans est le Dzo hybride du yak et de la vache.

Au détour d'un méandre du torrent dont nous suivons le lit depuis quelque temps, nous débouchons sur notre campement à l'alpage de Sumda Chenmo (4300m)

Théorème du belge

"Vous mettez 9 belges dans un coin perdu de l’Himalaya à 4300 mètres d’altitude et ils finiront par se débrouiller pour trouver des bières."

La preuve !

Etape Sumda Chenmo Lanakla (4200m)

Ce matin en longeant la rivière nous quittons notre campement de Sumda Chenmo pour Lanakla

Belle rencontre pour Marcel qui croise un yak solitaire remontant paisiblement vers l’alpage.

Un chorten indique à Jean-Louis qu’il n’est plus très loin du village.

Sumda Chenmo

De nouveau, l’hospitalité des habitants de Ladakh ne faillit pas: nous sommes invités à prendre un peu de repos dans une famille et à découvrir ce bel intérieur traditionnel.

Le chemin se poursuit dans la poussière des chevaux.

Les drapeaux à prière suspendus à proximités des cols et des passages importants rappellent l’omniprésence du bouddhisme dans la vie quotidienne .

Après la descente une nouvelle montée, assez raide, nous attend avant de rejoindre notre bivouac. Il va falloir remonter tout ce que nous avons descendu ce matin !

Un coup d’œil en arrière pour estimer le chemin parcouru. Là-bas au bout des méandres verts, le village de Sumda Chenmo, où tout à l’heure, nous étions si bien au frais pour prendre le thé.

Bientôt le col pour Jean-Louis

Pour Catherine et Bertrand aussi

Nous passons ce dernier petit col en peloton avant d’entreprendre une très belle descente vers le plus haut campement de notre trekking.

Le campement de Lanakla (4200 m)

Ce matin nous nous mettons en chemin pour la deuxième grande difficulté du trekking, le Dundunchan-La à 4750m. L’effort ne sera pas trop long car le campement de cette nuit était déjà à 4200 mètres.

La géologie du Ladakh

Le Ladakh est caractérisé par l'austérité et la beauté du monde minéral.

Sur un plan géologique, cette contrée offre un grand intérêt de par la présence d'une de ces grandes cicatrices, si rarement observables, et qui, à l'échelle de notre planète, témoignent de l'existence d'océans profonds à tout jamais disparus. Actuellement le Ladakh est avec le sud du Tibet l'une des régions où il est possible d'observer cette cicatrice et d'analyser les effets spectaculaires de la dérive des continents que constitue cette zone d'affrontement entre les massifs d'Asie centrale et le sous-continent indien.

Ce sont les théories de l'expansion des océans et de la tectonique des plaques qui permettent de donner quelques explications concernant la nature de ces formations et notamment l'origine d'une grande variété de roches souvent très colorées.

Les derniers mètres pour arriver au col sont particulièrement raides.

Nous sommes en dessous de l’altitude du Mont Blanc, mais manifestement Catherine est quand-même très contente d’y arriver.

Au sommet du Dundunchan-La (4700m), nous avons une vue magnifique sur les sommets du Kang Yatse et du Stok kangri.

Rinchen vérifie l’arrimage des bâts avant la descente.

Superbe vue sur les sommets enneigés de l’Himalaya auxquels sont accrochés les nuages de la mousson.

Le dernier chorten de notre trekking ? Bientôt Chiling ?

Une dernière offrande pour Bertrand.


Chilling, le trekking se termine ici à l'ombre des abricotiers.Demain nous retournerons à Leh.

LEH

L'organisation du voyage prévoyait un jour de battement de sécurité pour ce vol, car vu la situation géographique de Leh, il n’est pas rare que l’avion de New-Delhi ne puisse se poser ou décoller pour des raisons climatiques. Un dernier regard au petit matin sur les montagnes qui entourent Leh avant notre décollage pour New-Delhi.

New-Delhi

L’avion dans une fulgurante contraction de l’espace et du temps nous a propulsé dans un autre monde. Comme dans un rêve, en franchissant cette porte, nous nous réveillons trempés et agressés par la moiteur de la mousson, tous étonnés de nous retrouver ici, dans cette Inde bruyante et grouillante si différente des sereines immensités du Ladakh. A ce stade, plus besoin de commentaires, justes quelques images pour apprécier les contrastes qui nous assaillent.

Les Marcheurs-porteurs de l’eau du Gange

Ces quelques heures passées à New-Delhi nous ont permis de découvrir une manifestation fascinante .Le long des principales avenue de la ville, dans une pollution absolue due à une circulation au bord de l’asphyxie, des hommes vêtus d’habits oranges marchent depuis des jours en portant des récipients pleins de l’eau du Gange.

Partout en ville des refuges pour ces pèlerins sont aménagés, mi lieux de culte, mi-fêtes foraines.

Nous quitterons New-Delhi sur ces dernières images peut-être propices à un futur projet de Marcher pour Progresser ?

Les dessins de Denis Delpire

Le 10 juillet 2008, la première classe dans l'avion qui nous emmène de Zurich à New-Delhi

Musiciens au monastère de Hémis

Denis nous donne sa première leçon d'observation et de dessin sur le toit du Monastère d'Hémis.

Pélerin au monastère de Hemis

Patrick et Philippe ont manifestement connectés leurs cerveaux droits!

Masques des moines danseurs au monastère de Hémis.

L'élève et le prof sont ravis de ce premier dessin

Notre guest-house à Alchi

Catherine et Philippe concentrés sur les explications de Denis au bivouac de Likir.

Notre campement à Likir avant le départ de notre premier trekking.

Un arbre, un mur, un canal ruisseau, ...

Patrick, dessine-moi un shorten...!

Une salle de prière dans le monastère de Temisgang.

Les montagnes, les saules, les nuages, ...

Denis "colorie" au sommet d'un col

Les muletiers viennent d'arriver, ils ferrent les chevaux...

L'abri sommaire des muletiers